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mardi, 17 octobre 2006

LEGO - Camp de concentration

Non, il ne s'agit pas d'un canular ou d'une plaisanterie d'un très mauvais goût. Il s'agit d'une oeuvre d'art de l'artiste polonais Zbigniew Libera... 7 boîtes de Lego. 2 grandes, 1 moyenne et 4 petites. Toutes avec le logo de Lego, ainsi qu'un numéro de série. Comme si c'étaient de vrais jeux de construction. Les plus grandes présentent le camp tout entier et un crématoire ; la moyenne, un dortoir ; les 4 petites, un gardien s'acharnant sur un prisonnier, un médecin se livrant à des expériences, un groupe de prisonniers avec un pendu, un commandant entouré de ses gardes.

L'oeuvre (le terme fait bien sûr débat) date de 1996. Et bien sûr elle déclencha des vagues de protestations.

Mais que signifie-t-elle ? Que cherche-t-elle à montrer ?

libera011.jpgD'abord, et c'est très important, l'univers concentrationnaire recréé avec des Legos est juste une suggestion de présentation : à l'intérieur des boîtes, les éléments ne sont pas assemblés. Et il s'agit de pièces que l'on peut retrouver dans les sets ordinaires des boîtes Lego. Les bonhommes figurant les prisonniers viennent des sets ayant trait à l'hôpital, les bonhommes figurant les nazis sont des policiers. Donc, à partir de ces éléments initialement détachés les uns des autres, il y a des possibilités infinies de construction, de jeu. Autre chose peut naître de ces pièces qu'un univers concentrationnaire. Comme pour toutes les boîtes de Lego, d'ailleurs.

L'oeuvre répond à une question : comment l'Holocauste peut-il germer dans un cerveau humain ? Les pièces détachées symbolisent les éléments d'une civilisation, d'une culture ; et après tout, l'on retrouve dans toute culture cette opposition binaire des "méchants", les policiers en noir, et des "gentils", les prisonniers en blanc. A partir de là, les possibilités de construction - de civilisation - sont ouvertes. Autant d'enfants, autant de possibilités. Sauf chez quelques uns qui auront l'idée de faire naître un camp de concentration.

L'oeuvre de Zbigniew Libera montre comment quelque chose de tel que l'Holocauste a pu naître des éléments anodins de toute civilisation.