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mercredi, 26 août 2009

Clipper Maid Of The Seas

Suite à la libération récente du libyen Abdelbaset Ali Al-Megrahi, reconnu coupable de l'explosion du vol Pan Am 103 au dessus de Lockerbie, le soir du 21 décembre 1988, j'ai relu toute ma documentation sur cet attentat... Aussi je reprends le projet d'écrire toute une série d'articles synthétisant l'orthodoxie sur cette affaire (je ne prétends pas enquêter et avoir des révélations).
On recommence, donc, par le récit des faits, sans préjuger qu'il y ait eu une explosion à bord...


Good evening Scottish, Clipper one zero three. We are at level three one zero.

Il est 19 heures 0 minute, ce 21 décembre 1988, lorsque le commandant de bord du boeing 747-121, Clipper Maid Of The Seas, répond à Alan Topp, contrôleur aérien de Shanwick Oceanic Control, le centre chargé d'attribuer les couloirs aériens aux avions quittant l'Europe par l'Atlantique Nord.

Le boein à Frankfurt, quelques jours avant l'attentat...

Sur son écran radar, Topp suit le signal lumineux du vol Pan Am 103, qui est entré depuis 4 minutes dans l'espace aérien écossais. Il peut voir un carré vert avec deux informations : 0357 - le transpondeur ; 310 - le niveau d'altitude (31 000 pieds, soit 9400 mètres). Le radar donne aussi d'autres informations : le boeing se déplace à une vitesse de 800 km/h par rapport au sol, et il suit une route magnétique de 321 degrés par rapport au pôle nord (donc en direction du nord-ouest).

L'avion avait décollé à 18 heures 25 de l'aéroport londonien de Heathrow. Il embarque 243 passagers plus 16 membres d'équipage à destination de JFK, le gigantesque aéroport de New York. Parmi eux, 35 étudiants de l'université de Syracuse, New York, rentrent d'un voyage d'études en Europe. Quatre membres des services du renseignement américain, en poste au Moyen-Orient... Une douzaine d'enfants, dont le plus jeune a 9 semaines... Figure également sur la liste des passagers Bernt Carlsson, le commissaire aux Nations-Unies chargé du dossier de la Namibie : il rentre aux Etats-Unis pour signer un accord le lendemain au siège new-yorkais de l'organisme...

Clipper Maid Of The Seas était arrivé de San Francisco aux alentours de midi. Plusieurs heures d'attente avant de repartir de Heathrow avec les 49 passagers en transit depuis Frankfurt (Allemagne), plus ceux qui s'étaient embarqués à Londres. En attendant l'heure du départ, les réservoirs sont remplis avec 90 tonnes de kérozène. On vérifie les bagages des passagers embarqués à Londres... Mais pas ceux des passagers venant de Frankfurt : ils sont directement transbordés de la soute du boeing 727, ayant assuré la correspondance, dans la soute à bagage de Clipper Maid Of The Seas...

Clipper 103 requesting oceanic clearance.


19 heures 0 minute, lorsque le copilote, à la suite du commandant de bord, demande à Shanwick l'autorisation de survoler l'Atlantique Nord. Le temps de vérifier les informations communiquées par les pilotes du boeing, Alan Topp répond :

Clipper 103 should take 59 north 10 west to Kennedy.


19 heures 02 minutes 50 secondes - Au moment précis où Alan Topp communique au vol Pan An 103 l'autorisation de s'engager au-dessus de l'océan, le spot lumineux disparaît de son écran de contrôle.

Puis, au bout de quelques secondes, quatres spots apparaissent au lieu d'un seul. Il n'y a ni code de transpondeur, ni niveau d'altitude... Et très vite, les spots se multiplient, traçant deux grandes traînées en direction du nord-est.

Lancé à 800 km/h par rapport au sol, et à une altitude de 9400 mètres, l'avion a commencé de se disloquer à 19 heures 02 minutes 53 secondes. L'ensemble a dévié de sa trajectoire vers l'ouest, et plonge dans une atmosphère où il fait -50 degrés celsius, avec des vents d'ouest en est à plus de 190 km/h.

D'abord, c'est le plancher de la soute à bagage, à l'avant du boeing, qui s'est détaché. Puis le toit au-dessus des premières classes, toujours à l'avant de l'avion.

Retenu par presque rien, le cokpit se tord vers la droite du fuselage, puis se détache, heurtant au passage le réacteur numéro 3.

Il ne reste qu'un grand fuselage ouvert par l'avant. Tous les passagers qui ne sont pas solidement attachés sont immédiatement éjectés et entament leur chute dans le vide, individuellement ou par grappes... Certains sont aspirés par les réacteurs, qui fonctionnent encore à pleine puissance.

Ceux qui sont restés dans le fuselage ont perdu immédiatement conscience, par manque d'oxygène. Le vent leur arrache leurs vêtements, et toute une sorte d'objets viennent frapper leurs visages et leurs corps... D'après certains légistes, certains auraient repris conscience quelques secondes plus tard, lorsque certaines parties du fuselage auraient gagné une altitude plus chaude et plus respirable...

La partie centrale de l'avion, celle où il y a les ailes et les réacteurs, s'est détachée à son tour. Et elle plonge tout droit sur la ville de Lockerbie, avec ses 90 tonnes de kérozène.

Clipper Maid Of The Seas n'en finit pas de se disloquer. Au sol, il y aura deux grandes trainées de débris - matériels et humains - longues de 130 kilomètres, et suivant la direction du vent.




19 heures 03 minutes 36 secondes - La partie centrale, avec les ailes et les réacteurs heurte le numéro 13 de Sherwood Crescent, une rue de Lockerbie. Une station-service explose. A la place des numéros 13 à 16, il n'y a plus qu'un cratère de 50 mètres de profondeur. 11 habitants sont totalement volatilisés.

Les témoins, tous en train de regarder la télévision, ou de s'occuper des cadeaux de noël, disent avoir entendu un son strident, assourdissant... Comme ils n'ont jamais entendu ça de leur vie, ils font des analogies avec le son d'une cocotte-minute sur le point d'exploser, ou alors une machine à laver qui s'emballe... En pareille occasion, les appareils ménagers servent à la comparaison.

L'impact a créé un séisme de 1.6 sur l'échelle de Richter. Certains habitants ont tout de suite songé à la centrale atomique, non loin de là.

L'électricité est coupée. Lorsque Bunty Galloway, une habitante de Lockerbie, sort de sa maison, elle a en face d'elle un immense brasier, et au-dessus la nuit noire.

Elle regarde le pas de sa porte : il y a le cadavre d'un enfant. Et plus loin le corps de deux femmes.